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L'abstraction selon Dominique L. Un texte de / A comment of Yves Sanz, Historien d'Art / Art Historian |
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L'abstraction selon Dominique L. Un texte de / A comment of Yves Sanz, Historien d'Art / Art Historian Il faudrait "parler" de chaque œuvre en particulier, secrétant - fabriquant le secret de l'abstraction. De cette abstraction, de ses abstractions, de ces abstractions. Ce serait méconnaître le concept d'abstraction qui reste à déceler dans ses œuvres. D'évidence, l'abstraction de ces tableaux paraît être une recherche de l'ensemble. D'où les rapprochements fortuits ne suffisent pas à atteindre ce concept plastique. Si votre intuition - perception décèle des passages de formes et d'éléments rappelant (donc du registre de l'appellation) l'invention d'une image virtuelle à placer en relation avec les inventions de modélisation scientifiques, considérez que c'est illusoire. Certainement Dominique Lardeux possède une culture scientifique qui lui permet d'éviter le registre de l'imaginaire relatif aux recherches scientifiques. Sa culture plus vaste lui permet d'entraîner sa recherche dans des directions conceptuelles opposées à ces images. Quoi de plus anti-scientifique que la "fabrication" des "imaginaires modélisateurs". L'art abstrait, par définition, "évite" ces raccourcis facilitant la vulgarisation. "L'art abstrait" ne recherche pas cet effet de simplification. La complexité est plutôt son être - sa raison d'être. Etre un phénomène plastique qui ne montre pas ce que sont un cocon, une construction qui n'est ni un corail, ni une fleur, mais un concept. C'est tout aussi bien ce que cherchait Rembrandt lorsqu'il cherchait à travers son bœuf écorché à signifier la condition de l'être humain … mais il n'est pas arrivé à l'abstrait de cette idée charnelle. Les peintures de Dominique Lardeux paraissent y être. Il y a à la fois du charnel, des relations de rouge, de bleu, de jaune, de gris, de blanc : qu'il a inventées avec des pigments. Ça n'existait pas avant lui. Pour les connaisseurs, il faudrait différencier les inventions abstraites de Dominique Lardeux à la pierre noire des réalisations plastiques de Fred Deux. L'abstraction, qui l'a trouvée ? Malevitch ? Il s'en est approché, l'a cherchée toute sa vie, l'a abordée, l'a formalisée en la représentant par l'interprétation de la troisième dimension plastique à partir de quelques figurations géométriques rectangulaires, et trapézoïdales …. Ce qui l'a entraîné dans un registre mystique, étant donné que la troisième dimension était représentée depuis très longtemps. Kandinsky voulait interpréter le mouvement de l'abstraction. Il imitait ainsi "l'illimitation" du concept de sa recherche. Mondrian voulait "arrêter" l'abstraction. Interpréter l'abstraction fixe. Il n'y est jamais arrivé. Mark Rothko n'est pas arrivé à la fixer, si tant est que l'on s'accorde que ce fut pour lui un objectif primordial. Les espaces flous et flottants qu'il a découverts renvoient les uns aux autres jusqu'au(x) vertige(s). C'est à cette abstraction que Dominique Lardeux est arrivé. Fixer "l'imprenable" ; abstraire ; c'est cette opération, expression de l'idée. L'idée n'existe pas sans la recherche et la conceptualisation formelle. Essayez de trouver comment vous inventeriez votre façon d'abstraire, dès que vous y arriverez, vous serez un artiste. Vous allez voir que c'est difficile. Une abstraction qui vous montre la concrétion du temps, c'est rare. Le paradoxe, c'est de trouver la visibilité d'un concept. Les artistes conceptuels ont essayé. Ils ont presque tous abandonné. Souvenez-vous que Joseph Kossuth nous proposait une définition du mot chaise, juxtaposée à une vraie chaise, associée à une photographie de cette chaise vue de face - et par ce triptyque il évite l'abstraction plastique. C'est ce concept (d'abstraction) qui manque à cette installation. C'est pourtant ce que cherchait J. Kossuth. Les termes du langage prennent place à côté des deux autres registres, mais ne les remplacent pas. Ce n'est pas une tautologie. Ce ne sont pas d'évidence les mêmes éléments. Mais tenter l'abstraction, ça dépasse tous ces registres. Par la suite, J. Kossuth a associé des néons et un texte qui les définissait. Il l'a "écrit", ou plutôt formé ce texte, à propos des néons, en néons. Ce n'est toujours pas de la tautologie. Le néon devient ce qui est "écrit", le texte, il (en) est distinct ; c'est un ajout, ce n'est pas une répétition. Ça (re)double le texte, ou le texte suit les néons. Faire écrire des néons, c'est faire signe différemment… Dominique Lardeux a compris qu'il faut trouver un titre pour le phénomène plastique que constituent ses œuvres, afin d'éviter la confusion : texte et représentation (abstraite). L'abstraction est l'invention d'une représentation qui diffère le pseudo-reconnaissable afin d'aboutir à la connaissance (au connaissable). Pseudo ; parce qu'une œuvre picturale n'est pas semblable à la réalité, elle en est la peau, une peau. Cette surface que Dominique Lardeux rend visible, parce qu'il a trouvé comment faire. Il faut matérialiser le temps, lui trouver une "apparence". C'est un problème très difficile, c'est cela l'abstraction. On ne l'atteint pas en faisant fi du réel, au contraire. La recherche en réseau et en "suspend" (comme suspendu) inventée par Dominique Lardeux engage la théorie, à travers les linéaments, à désintriquer des mythologies réflexives proposées par les textes en histoire de l'art servant à appréhender les concepts d'abstraction. Le 20-02-2011 Yves SANZ, Historien d'art |
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